Après des études de dessin industriel, Michele Alboreto construit avec l'aide d'amis une voiture de course qu'il appelle CMR et qu'il aligne en 1976, sans guère de succès, en Formule Monza.
Le fils d'instituteur a vingt ans et débute une carrière que seule sa mort interrompra vingt-cinq ans plus tard.
Ayant enlevé en 1978 le championnat Fiat Abarth italien et piloté à l'occasion une vieille March F3, il séduit Paolo Pavanello qui l'aide à financer une saison du championnat italien de F3 l'année suivante ; il s'y classe second.
Tout ceci l'amène logiquement au niveau européen où il brille et remporte le titre F3 après avoir bataillé toute la saison avec Thierry Boutsen, alors que parallèlement il entame une aventure en Sport-prototype avec Lancia.
Son énergie et sa fougue attirent l'attention sur ce petit personnage par ailleurs discret et sensible.
Williams le teste durant l'hiver 80-81 mais le voilà en F1 en 1981 chez Tyrrell, avec l'appui du Comte Zanon, tandis qu'il intègre également l'écurie Minardi en F2, pour laquelle il gagne à Misano - leur unique victoire en F2 - et conduit aussi une Lancia en Sport (victoire à Watkins Glen).
Suivent deux saisons chez Ken Tyrrell ponctuées de deux succès, Las Vegas en 1982 et Detroit 1983, dernière victoire d'une Tyrrell en Grand Prix ainsi qu'ultime succès d'une voiture à moteur atmosphérique avant l'ère des turbos.
Son destin va basculer quand, au micro d'un journaliste l'interviewant après sa victoire de Detroit, Alboreto critique la politique d'Enzo Ferrari visant à éviter d'engager des pilotes italiens.
Il cite des noms, ceux de Patrese et de Angelis, comme des postulants logiques - mais oublie le sien. Le vieux percute derrière sa télé et convoque le gentil Michele à l'usine.
Pas pour l'engueuler mais pour l'engager en 1984. « Tout le monde connaît ma sympathie pour Alboreto. C'est un jeune qui conduit très bien et qui commet peu d'erreurs. Il est rapide et possède un beau style » avoue « Il Drake » qui déroge alors à une règle non écrite, depuis les décès de Bandini et Scarfiotti, qui veut qu'aucun italien ne roule pour lui, par peur d'une trop lourde pression des Tifosi et de la presse.
Albo restera à Maranello jusqu'en 1988, terminant second du championnat 1985 en remportant deux courses dont celle qui reste à ce jour l'ultime victoire d'un pilote transalpin sur une Ferrari : le GP d'Allemagne 1985.
1989 le voit à la croisée des chemins.
À la vie politique agitée de la Scuderia, Alboreto préfère le calme un peu frisquet de Williams ; pourtant l'accord prévu capotera et il retrouve le baquet d'une Tyrrell au Brésil. Une jolie troisième place au Mexique n'empêchera pas cette alliance de sombrer à l'issue du GP du Canada - un problème de sponsor - et voilà notre Milanais hébergé par Gérard Larrousse qui lui donne une de ses Lola-Lamborghini à conduire, ce dont il ne fera rien.
Puis une lente descente commence en 1990, avec Arrows d'abord, puis Footwork jusqu'en 1992 pour qui il signe deux cinquièmes places cette année-là.
Il touche le fond chez BMS en 1993 où il se bat pour des dernières places, et signe enfin en 1994 chez son vieux compère de la F2, Minardi à qui il donne une somme toute enviée sixième place à Monaco.
Mettant un terme à sa carrière en Formule un, Michele renoue en 1995 avec la catégorie Sport qu'il aime tant ; les séries DTM, IMSA, IRL, ALMS, le voient s'aligner avec une certaine réussite dont les sommets sont ses victoires aux 24 heures du Mans en 1997 et aux 12 heures de Sebring 2001.
Il se tue un mois plus tard, le 25 avril, jour de la fête nationale italienne, en essayant un proto Audi sur le circuit allemand du Lausitzring.
Marié à Nadia et père de deux filles, il venait d'avoir quarante-quatre ans.
Bilan de carrière
194 Grands Prix, 5 victoires
Vice Champion du monde 1985
Palmarès :
194 Grands Prix
5 victoires
1982 - GP des USA
1983 - GP des USA
1984 - GP de Belgique
1985 - GP du Canada
1985 - GP d'Allemagne
Pas de titre